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SAÍDA DO EURO – COMENTÁRIO À RESPOSTA DE JÉRÔME CREEL, por JÚLIO MARQUES MOTA – (em francês, COMMENTAIRE À LA RÉPONSE DE JÉRÔME CREEL) – II

(conclusion)

Et à propos du sentiment par rapport au  futur de notre jeunesse, une très courte histoire. Ma petite fille, 11 ans, habite maintenant avec nous à cause de la chaleur extrême qu’on a vécu  au Portugal ces derniers jours. Une nuit j’ai senti des bruits dans la maison et dans la cuisine. Je me suis levé. Je suis allé à la cuisine. J’avais en face  de moi une jeune fille pleine de peur, presqu’à pleurer. Que se passe-t-il, dis-je. La réponse,  tout courte: j’ai peur. J’ai peur que maman ne trouve pas d’emploi, j’ai peur de ne pas avoir de l’argent pour continuer mes études, j’ai peur de ne pas avoir futur.  J’ai déjà entendu cette  phrase, quelque part, partout. Dans cette nuit, j’avais lu une conférence de Vitor Constâncio, le  nº 2 du BCE où il disait : “Notwithstanding this, now is not the time to change course in a way that could unravel what has been achieved”. Coïncidence,  et l’Europe à nous dire que ne veut pas changer de trajectoire.

Mais ce climat, ce sentiment, on le sent égal partout, ici, en Espagne, en Grèce, en Italie, etc. Mais vous me direz : mais çà n’est pas d’économie ! Pas vrai, il s’agit d’économie ou  mieux, il s’agit des   effets de cette économie comme un produit des traités  dont  vous les commentez magistralement en nous montrant dans la première page et demi le vrai vide qu’on a crée dans l’Europe .

Et voilà. Nous sommes dans le terrain que vous me proposez. Discuter l’Union Européenne, discuter la zone euro, discuter l’architecture de l’euro.

Vous utilisez et magistralement bien fait environ 50% de votre espace pour nous dire que si politique européenne il y en a , est la politique monétaire, mais cette politique monétaire a  eu une finalité  et je vous cite:   « Comme le rappelle Joseph Stiglitz dans son dernier ouvrage (Le prix de l’inégalité, Editions Les liens qui libèrent, 2012), la baisse des taux pratiquée par les banques centrales n’a pas été conditionnée à une relance des crédits vers les PME. In fine, les banques ont été subventionnées par les banques centrales et ont amélioré leurs rentes de situation, sans effet réel significatif sur l’économie. »

La seule critique de fond que je vous pose c’est à propos des déséquilibres courants. Je  suis parfaitement d’accord avec ce que vous dites sur ce sujet, mais je désirais que ce que vous dites soit  plus développé.   En effet vous dites:

« La crise de la zone euro a ajouté à la crise financière celle de déséquilibres courants persistants qui ont fragilisé les économies ouvertes, telles le Portugal. Il reste que si les remèdes apportés à cette crise spécifique, notamment les baisses de salaires, de retraites et d’emplois publics, en phase de ralentissement économique, ont assez mécaniquement réduit les déséquilibres courants des économies périphériques de la zone euro (les importations ont chuté), l’absence de politique opposée dans les autres pays ouverts, mais à excédent ceux-là, tels l’Allemagne, ont fait exclusivement porté le poids de l’ajustement sur les économies fragilisées par les crises. »

Ici,  il s’agit d’un point extrêmement importante, car on n’aura pas de sortie de crise sans une politique global  de croissance mené  dans l’ensemble européen mais sous la commande des  pays excédentaires, surtout de l’Allemagne,  et plus encore: il faut un cadre de protection commerciale à ces pays fragilisés par la crise et par la concurrence acharnée conduite à  niveau global, Vous  savez bien le prix de çà en France. La critique est donc de ne pas souligner soit-il  le rôle que l’Allemagne joue  dans ce déséquilibres courants soit le rôle  que la dérégulation défendue par Bruxelles à tous les escaliers  exerce sur les tissus productifs et le changement du centre de gravité européen que se déplace de Berlin vers l’Est.

Si on ajoute tout çà à votre critique très dure de la politique monétaire  de la zone euro comme l’option exclusive dans le cadre européen actuel, en effet  on nous invite vraiment á un enterrement  et tout à  coup nous sommes tombées dans ma question.  Mourir pour avoir resté  dans la zone euro, mais mourir pauvre et sans laisser rien à nos héritiers, la jeunesse de nôtre pays!

Vous en avancez dans l’autre direction. Sortir de la zone euro.  Et vous pensez que non, qu’on doit pas sortir. Là, le problème, je pense, est qu’on va nous  faire sortir  à la fin de l’hécatombe de la dissolution de l’euro.

Vous dites:

«Que faire? Il y a bien entendu la sortie pure et simple de la zone euro, pour des pays comme la Grèce ou le Portugal, qui peinent pour supporter les cures libérales qu’on leur impose ou qu’ils s’auto-imposent. Je vois peu d’avantages à cette sortie et, surtout, beaucoup d’inconvénients, notamment la chute de la valeur externe de la monnaie dans des économies important de très nombreuses marchandises, puis l’augmentation irrépressible des prix. Je doute que ces hausses de prix des biens à la consommation seront suivies de hausses des salaires, voire même des profits dans tous les autres secteurs que celui de la distribution. La chute du pouvoir d’achat et de l’activité sera certainement vertigineuse. »

Et là vous rejoignez à nouveau ma question: si on sort de l’euro nous serons aussi morts, et morts pour option de sortir! Avec une monnaie très bon marché, avec le tissu productif complètement désarticulé surtout avec la sortie  de la zone euro, avec les bijoux productifs de notre  couronne vendus en solde aux chinois, aux allemands et à bien des autres, comment faire pour créer une  trajectoire de croissance si on pourra avoir les autres  marchés relativement fermés, car la question fondamental ici sera : exporter le quoi et vers qui ? Et surtout exporter vers qui dans ce cadre très hautement récessif ?  Créer une trajectoire de croissance axée sur la demande interne  dans le cadre d’un petit pays  et, en plus,  très endettée, c’est une impossibilité, pour ne pas dire que   c’est un absurde.

Ici,  je dois être d’accord avec  la position de la Fondation Robert Schuman (Question d’Europe, n°2858 juillet 2013)  lorsqu’on écrit:

« Quelque part, le succès même de l’Union européenne, l’extension de ses compétences en particulier, a fait perdre aux Européens le sens de la construction européenne, perçue comme technocratique. Cette perception est aggravée par le transfert croissant de compétences à des niveaux supranationaux, sans contreparties démocratiques suffisantes, comme le souligne Jürgen Habermas.

” Avec la dérégulation des marchés et la disparition des frontières dans les domaines des transports et de l’information naît un besoin de régulation qui est pris en charge et traité par les organisations et les réseaux transnationaux. Même si les fonctionnaires de chaque gouvernement ont participé à leur élaboration, les décisions prises par ces réseaux politiques ont une incidence importante sur la vie publique des États-nations, sans être raccordée à leurs circuits de légitimation “.

Ce qui est vrai de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ou du Fonds monétaire international (FMI) l’est également de l’Union européenne, et ceci en dépit du rôle joué par le Parlement européen pour combler ce déficit démocratique. »  Enfin, le déficit démocratique partout,  même pour ces Organisations  que devaient elles même responsables pour créer les conditions que chaque pays puissent trouver sa trajectoire de croissance et de équilibre. Ce que nous avons du à tout çà est un simulacre de la démocratie. On a des élections mais pas pour voter un programme, un projet. Non. Nous avons replacé la Démocratie pour le tableur de la Troika et les élections servent seulement pour choisir  qui introduit les données dans le tableur !

Et de nouveau nous sommes, nous tournons  en rond. La sortie de la zone euro a comme conséquence continuer sans  trouver solution pour sortir de la crise.  Donc, je dirai que vous êtes d’accord avec les termes de ma question.

Mais vous ajoutez une quatrième leçon et je dit bien, ajoutez, car il s’agit, à mon avis,  d’un autre discours, le discours de la coordination des politiques économiques, les politiques structurelles, le tout  au sens large du terme,  des politiques sociales, de la vraie convergence, du vrai catch-up, le contraire, d’ailleurs, de ce que on a fait dans l’Europe ces derniers années. Mais ici notre désaccord est profond: vous admettez les petits pas à Monnet à Schuman mais la crise est de telle façon grave que çà suffira pas. Il faut courir  contre le temps, pour en éviter des tragédies possibles.

Un de mes amis m’a dit que les termes de ma  question nous emmène à la suivante choix: mourir ou se révolter. Peut-être.   Là je n’ai qu’une choix: lutter pour la révolution et la révolution si possible dans le cadre de l ?Euro, sinon, dans le cas de la sortie…

Et merci pour ce remarquable article où vous développez les thèses d’un profond et extensif article que j’aimerai bien à lire lorsque vous l’aurez écrit.

Amicalement

Júlio Marques Mota

Amanhã, também às 22 horas, começará a ser publicada a tradução portuguesa deste comentário à resposta de Jérôme Creel, 
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