GIRO DO HORIZONTE – TORTURA – por Pedro de Pezarat Correia

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            Louvo a oportunidade do Editorial de sábado, dia 13, na nossa Viagem dos Argonautas, com o título “O império, a tortura e os valores morais”, que vem trazer a debate o relatório do Senado dos EUA apresentado pela senadora Dianne Feinstein em 9 de Dezembro passado. Tencionava, exatamente, dedicar o meu GDH de hoje a esta matéria. E dado o tom do Editorial resolvi transcrever, quase na íntegra, sem mesmo me preocupar com a tradução (conto com a compreensão dos leitores que certamente não terão dificuldade de ler em francês) e porque admito que a maioria não terá acesso fácil e regular ao Le Monde, um texto publicado na edição do dia 13 deste diário gaulês por Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, conferencista e mestre em relações internacionais na Sciences Po de Paris.

 

Torture: l’irréaliste scénario de la bombe à retardement

Réagissant au rapport américain sur les méthodes d’interrogation utilisées par la CIA dans sa lutte contre le terrorisme, Marine Le Pen «ne condamne pas» l’usage de la torture. «Il peut y avoir des cas, permettez-moi de vous dire, quand une bombe – tic-tac tic-tac tic-tac – doit exploser dans une heure ou deux et accessoirement peut faire 200 ou 300 victimes civiles, où il est utile de faire parler la personne.» (BFM-TV – RMC, mercredi 10 décembre).

Comprenant que cette sortie spontanée pouvait nuire à l’apparence de normalization du Front national, elle a immédiatement démenti avoir défendu la torture. Chacun jugera de la clarté de sa déclaration, qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler la position de son père se justifiant d’avoir torturé en 1957 à Alger: «Nous avons torturé parce qu’il fallait le faire. Quand on vous amène quelqu’un qui vient de poser 20 bombes qui peuvent exploser d’un moment à l’autre et qu’il ne veut pas parler, il faut employer des moyens exceptionnels pour l’y contraindre.» (Combat, 9 novembre 1962.)

Cet argument familial est un scénario connu, dit «de la bombe à retardement» […] le but de cette fiction est toujours le même: établir non seulement que la torture serait «acceptable», mais aussi qu’elle serait moralement «requise».

 DÉBAT ÉTHIQUE

Cette expérience de pensée est stimulante et permet aux philosophes de se distinguer dans le débat éthique sur l’usage de la torture: les déontologistes, pour qui une action est morale si elle est conforme à une règle universalisable, s’y opposent absolument et les conséquentialistes, pour qui une action est morale si elle produit de bonnes conséquences pour les personnes concernées, peuvent se laisser convaincre s’ils pensent que sacrifier une personne permettra effectivement d’en sauver des milliers. C’est un débat complexe qui donne lieu à une abondante littérature.

Le problème est que la situation hypothétique sur laquelle il repose, le scénario de la bombe à retardement, est à la fois biaisée dans le sens conséquentialiste (par le coût extrême du refus de torturer, si la bombe est nucléaire par exemple) et surtout irréaliste. Les professionnels de l’antiterrorisme et du renseignement, les interrogateurs du FBI, de la CIA et même les scénaristes de «24 Heures chrono» ont reconnu dans les années 2000 que c’est «une situation qui n’arrive jamais». Le 9 décembre à Washington, la sénatrice Dianne Feinstein, presidente du comité du renseignement du Sénat américain, a confirmé en présentant le rapport que «le comité n’a jamais trouvé un seul exemple de ce scénario hypothétique».

Dans la réalité, la menace est imprécise: on ne sait pas qu’une bombe «doit exploser dans une heure ou deux». Les Américains savaient qu’une attaque d’Al-Qaida était probable, comme en témoigne un mémo de la CIA du 6 août 2001, mais ils ignoraient où et quand exactement.

 ARGUMENT FALLACIEUX

N’ayant pas qu’«une heure ou deux», les interrogateurs peuvent utiliser d’autres méthodes, qui sont d’ailleurs plus efficaces. Si Marine Le Pen avait lu ne serait-ce que la première des vingt conclusions du rapport, elle aurait su que la torture utilisée par la CIA n’était «pas un moyen efficace d’obtenir des informations ou la coopération des détenus». […]

Il faut lui rappeler […] qu’il y a une raison réaliste et conséquentialiste de s’opposer à la torture: elle est contre-productive.

Non seulement elle n’est pas fiable – «La torture est le plus sûr moyen d’absoudre les scélérats robustes et de condamner les innocents débiles», disait déjà Beccaria en 1764 –, mais elle nuit considérablement à l’image du pays qui l’utilise. Lorsqu’elle est connue – comme à Abou Ghraib et Guantanamo –, elle a l’effet pervers d’encourager les actes terroristes, en entretenant la haine de l’Amérique. Elle nuit également aux relations avec les alliés, qui peuvent être plus réticents à partager des informations et des détenus. Au final, cette politique rend l’Etat moins efficace pour lutter contre le terrorisme.

 A este texto notável eu permito-me acrescentar apenas umas breves considerações.

É hoje do domínio geral que a reação da administração norte-americana de George W. Bush ao criminoso atentado da Al Qaeda de 9 de Dezembro de 2001envolveu, igualmente, ações criminosas que culminaram na fraudulenta e contraproducente invasão do Iraque em 2003, que contou com a cumplicidade, entre outros, do Governo Português nomeadamente de Durão Barroso e Paulo Portas. Destas ações criminosas ressaltam o clandestino transporte de presos em que os responsáveis portugueses também não conseguem camuflar as suas responsabilidades e são agora confirmadas as ações de tortura nos interrogatórios de prisioneiros de que há muito se falava. Há aqui crimes de guerra e contra a humanidade óbvios que, noutras circunstâncias, algumas até menos gravosas, e com outros atores, têm sido submetidos ao Tribunal Penal Internacional de Haia. É claro que já o sabemos, até porque os seus responsáveis máximos já o têm afirmado que, eventuais suspeitos ou acusados dos EUA, esses nunca se assentarão nos bancos dos réus de Haia. Isto apesar de o próprio Alto Comissário da ONU para os Direitos Humanos já ter declarado que não poderá haver impunidade para estes crimes.

Não poderá? Não haverá? Ou terão razão os cínicos quando afirmam que o pior crime de guerra é perdê-la?

15 de Dezembro de 2014

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